Commémoration des défunts

TOUSSAINT ET COMMÉMORATION DES DÉFUNTS

Pourquoi honorer les morts au cimetière ?
Dans la foi catholique, honorer les morts repose sur plusieurs convictions.

– Se souvenir de ceux que nous avons aimés.
La mort ne supprime ni l’amour vécu ni la place qu’une personne a occupée dans notre existence. Aller sur sa tombe c’est reconnaître que cette personne a compté et qu’elle demeure présente dans notre mémoire. Cette démarche est profondément humaine.
– Respecter le corps humain.
Pour nous chrétien, le corps n’est pas une simple « enveloppe » que l’on pourrait traiter sans considération une fois la vie terminée. Il a une dignité qui demeure après la mort. Le corps mérite donc le respect, même après la mort. L’inhumation témoigne de ce respect et rappelle la sépulture de Jésus, déposé dans un tombeau après sa mort. L’inhumation est le signe de notre espérance : nous remettons le corps à la terre sans considérer la mort comme une disparition définitive de la personne.
– Prier pour les défunts.
La prière exprime la confiance que la mort n’a pas le dernier mot et que nous pouvons confier nos défunts à la miséricorde de Dieu.
– Affirmer que la mort n’est pas la fin.
L’inhumation rappelle que Jésus est mort, qu’Il a été enseveli et qu’Il est ressuscité. Le cimetière n’est donc pas seulement un lieu de séparation. Il est aussi un lieu d’attente et d’espérance : le lieu où repose le corps d’une personne dont la destinée ultime est confiée à Dieu.

Que signifie « Je crois en la résurrection de la chair » ?
Cette phrase du Credo peut sembler difficile à comprendre, particulièrement lorsque l’on pense à la décomposition naturelle du corps en terre ou à sa crémation. Pourtant, elle constitue l’une des affirmations centrales de la foi chrétienne. La résurrection n’est pas simplement la survie de l’;âme.

Dire « Je crois en la résurrection de la chair », c’est donc affirmer que Dieu ne sauve pas seulement une âme : il promet à la personne humaine toute entière une vie nouvelle.
Le Catéchisme de l’Église catholique précise que, dans la résurrection, Dieu donnera à notre corps une vie incorruptible et le réunira à notre âme. Cela ne signifie pas que nous retrouverons notre corps dans son état terrestre actuel, mais notre propre corps transformé, qui ne sera plus soumis à la corruption et à la mort (1 Corinthiens 15).
Nous croyons donc à une continuité de la personne, mais aussi à une transformation profonde que nous ne pouvons pas nous représenter. La résurrection est un œuvre de Dieu qui rend à la personne une existence corporelle transformée. Dieu n’a pas besoin que toutes les molécules du corps soient préservées pour ressusciter une personne. C’est pourquoi l’Eglise catholique permet la crémation, même si elle continue de privilégier l’inhumation.

Autrement dit, la foi en la résurrection repose sur la puissance de Dieu, et non sur les conditions matérielles dans lesquelles le corps est honoré après la mort.

Alain Cérisola