Synode et synodalité

En s’appuyant sur les contributions de « Peuple de Dieu » du monde entier et sur les travaux de la 1ère session du synode romain qui s’est tenue en octobre 2023, 365 « pères et mères synodaux » (cardinaux, évêques, prêtres et laïcs – dont 54 femmes) se sont réunis à Rome du 2 au 27 octobre pour la seconde et dernière session de ce synode. 

A l’issue des travaux le Pape publiera une exhortation apostolique post-synodale pour dire à l’Eglise ce qu’il retient de ces travaux. 

En attendant ce texte, Anne Ferrand, vierge consacrée du diocèse de Rodez et l’un des 7 membres de la « délégation » française, nous rappelle comment il nous faut entendre et vivre ce mot de « synodalité ». 

6 des 7 représentants français. Il manque sœur Nathalie Becquart (Xavière) et secrétaire générale du synode.

Une écoute polyphonique 

Un style de vie synodal s’ancre dans la prière. Comme nous l’a rappelé le pape François : « Pas de synode sans prière ». Car le maître d’œuvre est l’Esprit saint. Le synode nous fait davantage prendre conscience que notre manière de marcher en Église se construit à partir de l’écoute de la Parole de Dieu, de l’écoute de nos frères et sœurs, de l’écoute du travail de l’Esprit saint. Il s’agit de nous laisser disposer à cette écoute polyphonique, en même temps que de la désirer et d’en chercher les moyens. Écouter vraiment n’est pas facile et une parole donnée ou un cri lancé attendent réponse. 

Une dynamique de conversion et de libération 

Un style de vie synodal est toujours en dynamique de conversion et de libération, de nos peurs, de nos préjugés, de nos nostalgies. L’Esprit ne cesse de travailler pour laisser advenir en nous, en chacun, dans l’Église, toute chose nouvelle, pour que la Bonne Nouvelle continue de résonner et de se partager. C’est un apprentissage qui a besoin de s’établir dans la confiance réciproque. Et celle-ci a besoin de temps : d’abord de se poser dans un a priori de bienveillance, puis de grandir dans la connaissance, dans l’estime, dans le respect de nos différences, sûrs que chacune et chacun peut nous révéler quelque chose du désir de Dieu pour que notre Église grandisse dans sa mission. 

 Don et responsabilité, dans une attitude de service 

Notre baptême nous a ouvert au don et à la responsabilité. Rien de facile cependant à se reconnaître co-responsables pour la mission. Pour tous, clercs, consacrés, laïcs, il s’agit d’un déplacement qui demande de lâcher des lieux connus, des manières de faire, de diriger ou au contraire une certaine tranquillité. Cela nous provoque certainement à l’intranquillité de la marche, avec Jésus Christ, en nous laissant éprouver et conformer à sa suite, restant proches de lui et de la vie de nos contemporains, de leurs appels, de leurs cris, de leurs soifs. 

Un style de vie synodal est une Bonne Nouvelle pour notre vie ecclésiale, invitée ainsi à se renouveler, dans un style de vie évangélique, diaconal, c’est-à-dire de service, à la manière de Jésus Christ. 

 Que cette espérance rayonne dans nos assemblées 

Prions pour que le Seigneur nous libère de toute peur, pour qu’il suscite un vrai désir de confiance et d’ouverture, d’écoute de son Esprit à l’œuvre aujourd’hui. Rendons grâce pour ce synode sur la synodalité. Que l’Esprit saint répande ses dons sur les membres de l’assemblée synodale réunie autour du pape en ce mois d’octobre, en travail pour que l’Église soit toujours davantage témoin du Christ mort et ressuscité, qui vient rejoindre toute vie. 

Prions pour que le style synodal qui se vit en ce moment à Rome rayonne dans nos assemblées ecclésiales, avec des propositions de prière partagée, de parole et d’écoute selon la méthode de la conversation dans l’Esprit, pour un discernement élargi, jusqu’aux voix que, d’ordinaire, nous n’écoutons pas. Que nous ayons à cœur de nous investir dans cette dynamique et de susciter dans nos lieux de vie et d’engagement, des initiatives d’écoute et de partage de la Parole de Dieu, de formation à la synodalité, de vie fraternelle, des lieux de discernement où, avec nos évêques et prêtres, nous pourrons participer au renouvellement d’une Église missionnaire pour notre temps.