Porter un regard de foi sur sa vie, c’est apprendre à y voir la présence et l’œuvre de Dieu. Jésus nous précède dans la Galilée de nos vies et sans lui, nous ne pouvons rien faire. La vie chrétienne et spécialement le ministère sacerdotal nous font toucher du doigt cette double vérité.
« Il nous précède. »
Le ministère d’un prêtre ne consiste pas à mettre Jésus là où il ne serait pas mais à le reconnaître déjà présent. Il nous appartient, prêtres et baptisés, de nommer et de révéler à tous cette présence pour que chacun l’identifie, l’accueille et la serve.
En arrivant à l’ensemble paroissial, j’ai reconnu la présence du Christ dans les communautés établies comme dans nombre d’œuvres. Ainsi ai-je appris à la voir dans la disponibilité généreuse de paroissiens de tout âge, dans la joie d’autres, dans l’amour de l’Église enraciné chez d’autres encore, dans de belles familles chrétiennes qui enrichissent notre communauté, chez de nombreux serviteurs qui portent une grande attention aux plus petits, dans les grandes conversions m’ont été confiées…
« Sans Lui, nous ne pouvons rien faire. »
Après 23 ans de ministère, cette parole prend toujours plus de force. Si Jésus attend notre action, c’est lui seul qui lui fera porter du fruit. Sans lui, nous dispersons nos forces, avec lui, nous ensemençons ce monde.
L’art du curé relève alors plutôt du surfer qui cherche où est la vague et s’appuie sur sa force pour évoluer. Avec la démarche de la vision, promulguée en septembre dernier, c’est cette attention à ce que Jésus nous dit à travers les réalités de notre ensemble paroissial que nous nous sommes efforcés de mettre en œuvre. Les dynamismes des œuvres de jeunesse comme du catéchuménat nous signalent aussi la force que l’Esprit déploie et les lieux où il nous convoque à le servir.
Quatre ans sont très courts dans la vie d’une communauté mais ce n’est pas négligeable. Cela nous a permis de tisser des liens et d’agir ensemble pour faire grandir l’Église.
Je rends grâce pour les belles fidélités dont vous m’avez fait le témoin, pour les joies auxquelles vous m’avez associé, pour les liens qui nous ont unis dans la peine. Je dois aussi demander pardon pour un démarrage trop vif quand arrivant d’un paradis monastique africain, je rêvais d’y retourner au plus vite.
Les paroissiens façonnent leur prêtre par la confiance qu’ils lui témoignent, par les appels qu’ils lui adressent comme par les difficultés qu’ils peuvent susciter.
Après 4 ans avec vous, j’ai grandi dans le sacerdoce et le ministère.
Je vous en remercie et j’en rends grâce à Dieu.
Je me confie à votre prière et vous porte dans la mienne
P.Vincent, Curé de l’ensemble paroissial Porte du Lauragais.

