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ÉDITO – ENCORE UN CARÊME ?

Encore un matin… encore un Carême, un Carême pour rien… La chanson de Jean-Jacques Goldman pourrait bien devenir notre refrain intérieur au moment d’entrer en Carême. Car, soyons honnêtes : le Carême revient chaque année, fidèle au rendez-vous, et avec lui une avalanche de propositions. Entre celles de l’école des enfants, les livrets de prière qui arrivent dans la boîte aux lettres, les parcours en ligne, les initiatives du diocèse, de la paroisse, des mouvements… nous voilà vite saturés. Trop de choix, trop d’invitations, trop de bonnes idées. Et finalement, bien souvent, nous ne faisons pas grand-chose. Le Carême passe, et nous le laissons filer.

Alors la question surgit, un peu provocante mais très vraie : encore un Carême pour rien ?
Il est vrai que les Carêmes se succèdent, avec leur lot de combats intérieurs, de résolutions vite oubliées, mais aussi — parfois — de grâces reçues presque sans s’en rendre compte. Le Carême n’est pas un exercice nouveau, ni une mode passagère. Il est ce temps de quarante jours qui nous conduit vers Pâques, un temps de conversion, de retour à l’essentiel, à la suite du Christ. Quarante jours en mémoire des quarante jours de Jésus au désert. Un temps pour prier davantage, pour jeûner, pour partager, non par performance spirituelle, mais pour laisser Dieu faire de la place en nous.
Mais justement, à force de tout vouloir faire, nous risquons de ne rien vivre en profondeur. Le Carême devient alors un bruit de fond, une période chargée de bonnes intentions… qui s’épuisent rapidement.

Cette année, sur la paroisse, en plus des propositions habituelles (que vous trouverez plus loin dans ce numéro), nous avons choisi de proposer quelque chose de très simple. Presque minimaliste. Chaque matin du Carême, ceux qui le souhaitent recevront un simple texto. Un message court, pour méditer l’exhortation apostolique Dilexi Te du pape Léon XIV. Un texte, un axe d’effort concret pour la journée, et une parole — tirée de l’Écriture ou d’un saint. Le fil conducteur sera clair : méditer la pauvreté pendant quarante jours. (Modalités pratiques dans l’article suivant).

Ce choix n’est pas le fruit du hasard. Il a été longuement abordé et discuté au conseil pastoral. Et nous en sommes convaincus : de la pauvreté évangélique, nous n’en dirons jamais assez, et nous n’en ferons jamais assez. Pauvreté du cœur, simplicité de vie, attention aux plus fragiles, liberté intérieure face à ce qui nous encombre… Voilà un chemin qui ne s’épuise pas.

Un Carême, ce n’est pas tout réussir. Ce n’est pas cocher des cases. C’est accepter de faire un pas, peut-être petit, mais vrai. Un pas qui ouvre un peu plus loin que nous-mêmes. Encore un Carême ? Oui. Mais pas pour rien. Un Carême pour en faire un rêve plus loin, et laisser Dieu transformer, doucement, ce que nous pensions immuable.

p. Aymar